Fathi Hadj-Henni

La SPMF est fière de ses entrepreneurs et des talents qui regorgent en son sein.

Aussi, nous tenions à vous les présenter au travers de quelques portraits d’entrepreneur.

Aujourd’hui, on vous présente Fathi Hadj-Henni, fidèle adhérent de la SPMF.spmf_fathi
Âgé de 32 ans, marié et papa de deux enfants, Fathi a créé SOLIVR, une entreprise pour laquelle nous avons eu un véritable coup de coeur.

Merci d’avoir accepté cette interview. Pour commencer, peux-tu nous présenter ton entreprise en quelques mots ?

J’ai lancé le projet Solivr en 2008. Le but est de promouvoir le commerce équitable, là où il n’existe pas ou peu, notamment auprès des petits producteurs musulmans d’Afrique, du Moyen Orient.

Les gros du commerce équitable ont semble-t-il oublié de s’intéresser à une grosse partie du monde. J’ai commencé logiquement avec la Palestine, quelques mois avant l’opération Plomb durci à Gaza en décembre 2008. Depuis plus de 6 ans maintenant, j’importe et je distribue des produits éthique made in Palestine.

MachaAllah! On est curieux de savoir d’où tu es parti pour créer Solivr. Tu peux nous raconter brièvement tes parcours scolaire et professionnel ?

J’ai fait un parcours classique : primaire, college, lycée et bac en France. Puis j’ai fait une classe prépa scientifique avant d’intégrer une école d’ingénieur.

Diplôme en poche en 2005, j’ai exercé pendant 8 ans en tant que consultant en informatique embarqué dans le domaine de l’automobile pour différents clients avant d’arrêter pour me consacrer à mon projet.

Comment est née l’idée de Solivr ?

ADABEO_guest_solivrHDL’idée est née suite aux nombreuses sollicitions à manifester pour la Palestine. Je ne suis pas convaincu que manifester change quoique ce soit à la situation locale. Un homme pauvre même libre restera pauvre. Par contre, essayer de changer sa situation économique peut l’aider à devenir libre et autonome. Ce n’est pas pour rien qu’on asphyxie d’abord l’économie d’un peuple pour ensuite en prendre le contrôle. Pendant les manifestations, on brandit tous un keffieh chinois, alors qu’historiquement, il est palestinien. En cherchant, j’ai trouvé la dernière fabrique palestinienne de keffiehs encore en activité. Personne n’était sur ce marché. J’ai alors réfléchis au projet d’importer et distribuer des produits made in Palestine, en gardant l’objectif de coller au principe du commerce équitable. Sinon, ça n’a aucun intérêt pour les artisans locaux.

Parallèlement, je sentais le besoin d’oeuvrer pour la communauté et de trouver une activité autre que celle d’un cadre anonyme dans une grosse boite. Prier à l’heure, joumou’a, stopper les repas alcoolisés, etc. devenaient une vraie priorité. J’ai alors creusé cette idée d’importer des produits palestiniens dans un projet plus global. Promouvoir le commerce équitable, éthique et solidaire là où il n’existe pas, pas uniquement en Palestine. Solivr est né.

C’est un excellent projet mais on imagine que, dans le contexte géopolitique actuel, ça ne doit pas être tous les jours évident de travailler avec la Palestine. Tu peux nous raconter comment tu travailles aujourd’hui et les difficultés que tu as pu rencontrer ?

Aujourd’hui je vends les produits que j’importe via une boutique en ligne. Les principales difficultés sont le manque de financement pour développer le projet mais surtout de dépendre d’une situation politique en Palestine très instable. Les exportations peuvent être gelées en cas de conflits, les documents falsifiés, etc… et je me retrouve donc sans produits à vendre et des clients mécontents.

Quels sont les objectifs à venir pour Solivr ?

A court terme, l’objectif est d’étendre la gamme de produits en sourçant des produits d’autres régions du monde (Mali, Comores, Algérie, Maroc, etc.) tout en respectant la même éthique : promouvoir l’essor économique des producteurs locaux.

Sur le plus long terme, j’ai pour objectif de mettre en place une charte du commerce équitable en accord avec les principes du commerce en Islam.

On te souhaite bon courage pour ce noble projet et on espère que tu réussiras à atteindre tes objectifs, bi idni Llah.

En tant qu’adhérent de l’association, tu peux nous dire ce que t’a apporté l’association et la raison pour laquelle tu renouvelles ton adhésion chaque année ?

Je suis adhérent depuis la création de la SPMF. Je continue à adhérer car même si au départ j’étais seul dans mon secteur d’activité, j’y ai rencontré des entrepreneurs avec qui je travaille aujourd’hui. J’ai obtenu des conseils précieux d’entrepreneurs talentueux. J’ai pu capitaliser sur des expériences réussies d’entrepreneuriat, des parcours inspirants.

A titre personnel, l’association permet de rencontrer des musulmans actifs pour la communauté avec qui j’ai noué des liens d’amitié. C’est une grande source de motivation et de soutien quand on est face à l’échec ou la difficulté. Entreprendre est loin d’être évident alors autant être bien entouré.

C’est exactement ce pour quoi la SPMF a été créée et on est heureux d’apprendre que tu as pu en bénéficier.

Que dirais-tu aux entrepreneurs qui n’ont pas encore adhéré ?

De ne pas hésiter ! Plus il y aura d’entrepreneurs, plus nous pourrons devenir acteurs, décideurs, et non plus spectateurs de notre situation, en France, voire en Europe.

Comme je le disais dans la présentation de mon entreprise, ce n’est qu’économiquement que l’on peut être quelqu’un. Autrement, on subit, comme aujourd’hui: nos soeurs qui ne peuvent étudier ni travailler, le problème du halal, l’islamophobie grandissante…

Merci Fathi et longue vie à Solivr !

Toutes les informations concernant l’entreprise Solivr sur www.solivr.fr et sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Pinterest…)